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SCEA Nouvellon Guillaume et SCEA Nouvellon Damien « Nous battons les graines d’oignons en poste fixe à l’aide d’une moissonneuse-batteuse New Holland CR7.90 »

La New Holland CR7.90 est employée au battage des oignons et d'autres cultures porte-graines.

Dans le registre des plantes peu communes, nous partons aujourd’hui à la découverte de la culture des oignons en porte-graines. C’est non loin d’Orléans, en Loir-et-Cher, que Guillaume Nouvellon met en place un itinéraire technique bien rodé. Découvrez un véritable ballet de matériels, au service d’une culture plutôt exigeante.

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Chez les Nouvellon, les cultures destinées à la réalisation de semences couvrent chaque année la majeure partie de l’assolement. « Nous possédons chacun 170 ha de SAU [surface agricole utile] et travaillons ensemble. La moitié de ces 340 ha se compose de céréales, et l’autre moitié de cultures porte-graines, soulignent Guillaume Nouvellon et son père, Damien. Nous cultivons du maïs semence et récoltons des cultures spécifiques, à l’image de la graine de fleur d’ornement, de haricot, de persil, de mâche, de chicorée, de betterave, de céleri et d’oignon. » Pour l’intégralité de ces récoltes, les agriculteurs battent avec une moissonneuse-batteuse à rotors New Holland CR7.90. « Les oignons porte-graines représentent pour leur part une surface de 20 ha », précise Guillaume. Nous partons aujourd’hui à la découverte de cette culture et, plus spécifiquement, du battage de la graine. C’est à environ une heure de route au sud-ouest d’Orléans que nous nous rendons en cette mi-septembre afin d’assister à ce chantier atypique. Mais avant d’en arriver là se met en place tout un itinéraire technique composé de chantiers aussi bien mécanisés que manuels ! Découvrez en détail une culture préparée aux petits oignons, pour un rendement final de 250 kg/ha. Oui, vous avez bien lu, seulement 250 kg/ha !

Les têtes d'oignons étant très sensibles à l'égrainage, les exploitants reculent devant le pick-up et poussent les têtes au balai. (© Aurélien Guillard)
Une fois sèches, à la mi-septembre, les têtes d'oignons sont très sensibles à l'égrainage. (© Aurélien Guillard)

Bien loin du semis direct

La préparation du sol ainsi que la mécanisation nécessaire à l’implantation des oignons restent plutôt conventionnelles. « Nous commençons par labourer. Nous reprenons ensuite le labour avec le vibroculteur et la herse rotative », raconte Guillaume. « Nous privilégions les sols argilo-calcaires pour cultiver les oignons », souligne-t-il. La plantation s’effectue à l’automne ou au printemps, selon les variétés. Les agriculteurs utilisent une planteuse de la marque allemande Cramer et placent 12 bulbes au mètre linéaire. « La planteuse ne possède pas de disques et, la butte n’étant pas refermée, le retournement des bulbes est par la suite beaucoup plus facile ! » Sur la ferme, c’est le New Holland TS 135 A équipé d’un système d’autoguidage par GPS qui est chargé de planter. Les 135 ch du tracteur sont amplement suffisants pour la machine opérant sur une largeur de quatre rangs. Une fois les oignons plantés, commence alors une tâche de longue haleine. « Juste après la plantation, nous retournons chaque bulbe à la main. Pour ce faire, nous employons 40 personnes », précisent les Nouvellon. Lorsque ce travail manuel est terminé, les rangs sont refermés à l’aide d’une butteuse rotative. Notons que les associés réalisent une production hybride. Les parcelles comportent ainsi douze rangs femelles pour quatre rangs mâles. « En matière d’intrants, nous apportons ensuite du phosphore et de la potasse », ajoutent les agriculteurs. C’est cependant sur la pulvérisation qu’il convient de rester à l’affût. Bien que les graminées se gèrent aisément, la renouée liseron cause de gros problèmes aux agriculteurs. « C’est une plante envahissante que nous avons du mal à traiter, affirme Guillaume. En plus des opérations de désherbage, nous passons toutes les semaines dans les parcelles pour traiter le mildiou. »

Les agriculteurs vidangent la trémie de la moissonneuse-batteuse à l'intérieur du bâtiment afin de réaliser l'opération à l'abri du vent. (© Aurélien Guillard)

Une récolte en deux temps

À l’image de l’implantation, la récolte des oignons porte-graines comporte de multiples étapes et requiert une mécanisation diversifiée. « Nous récoltons les oignons au mois d’août, encore verts afin d’éviter l’égrainage, à l’aide d’un automoteur de récolte Bourgoin GX 400 M modifié par nos soins. » Ce dernier, dépourvu de son cueilleur d’origine, embarque désormais une tête de récolte adaptée aux oignons. Fortement délesté, l’automoteur perd également sa trémie. Seuls deux tapis, perpendiculaires l’un à l’autre, permettent le transport des oignons entre le cueilleur et la benne. « Lors de la récolte, nous vidangeons en roulant », précise alors Guillaume. Le Bourgoin a cependant bouclé sa carrière chez les Nouvellon en effectuant sa dernière récolte en 2025. « À partir de l’année prochaine, nous serons équipés d’une récolteuse accrochée à l’avant du tracteur. »

La récolte des têtes d'oignons s'opère grâce à un automoteur Bourgoin GX 400 M modifié pour l'occasion. (© Aurélien Guillard)
L'automoteur Bourgoin s'équipe d'un cueilleur dont le fonctionnement s'apparente à celui d'un modèle à maïs. (© Aurélien Guillard)

Une fois récoltées, les têtes d’oignons sèchent un mois dans un bâtiment équipé d’un système de ventilation au sol. Les agriculteurs les battent ensuite à la mi-septembre. « Nous battons les graines d’oignons en poste fixe à l’aide d’une New Holland CR7.90. Nous attelons alors notre pick-up Idass sur notre moissonneuse-batteuse. À l’aide du chariot télescopique Manitou, nous chargeons les bennes avec les têtes d’oignons séchées. Nous reculons ensuite devant le pick-up et poussons à l'intérieur les têtes d’oignons à l’aide de balais », détaillent les agriculteurs. Notons que ces derniers n’en perdent pas une miette ! Sous le pick-up, une bâche leur permet de récupérer les têtes tombées au sol durant l’opération.

Au sol, un système de ventilation permet le séchage des oignons pendant environ un mois. (© Aurélien Guillard)
Les agriculteurs chargent les têtes d'oignons à l'aide du chariot télescopique dans des bennes pour l'acheminement vers la moissonneuse-batteuse. (© Aurélien Guillard)

Le choix d’une New Holland CR7.90

Équipés de machines New Holland depuis toujours, les Nouvellon battent aujourd’hui la graine d’oignons à l’aide d’une moissonneuse-batteuse CR7.90. Anciennement propriétaires d’une New Holland TX, les agriculteurs ont aujourd’hui fait le choix de la séparation forcée. « Les rotors réalisent un battage par friction, et les graines ne tapent pas dans le batteur, explique Guillaume. Le fait d'avoir deux rotors assure par ailleurs un battage plus doux qu’avec un seul gros rotor, et la machine nous permet aujourd’hui des réglages optimaux pour le battage des graines spécifiques. » 

La moissonneuse-batteuse New Holland s'équipe d'un pick-up Idass pour la réception des têtes d'oignons. (© Aurélien Guillard)
Sous le pick-up, les agriculteurs placent une bâche vouée à réceptionner les têtes d'oignons tombant par terre lors du déchargement. (© Aurélien Guillard)

Les rotors tournent ainsi à une vitesse de 450 tr/min. Quant aux graines, leur petite taille requiert un écartement minimal des corbeilles de 5 mm. De plus, la légèreté et la volatilité du produit nécessitent le réglage des vents. « La soufflerie tourne au régime de 400 tr/min », indique le jeune agriculteur. Du côté des grilles, l'ouverture de la prégrille est réglée à 4 mm, et celle de la grille à ôtons à 8 mm. Les grilles inférieures sont quant à elles réglées sur 1 mm. « Lorsque le battage à poste fixe est terminé, nous raccrochons la barre de coupe et repassons plusieurs fois l’andain dans la moissonneuse-batteuse afin de récupérer les dernières graines », termine Guillaume. Après le battage, les graines sont triées à l’aide d’un séparateur. Le rendement final, une fois celles-ci triées et prêtes à être semées, est de seulement 250 kg/ha. La graine est vendue au spécialiste des semences potagères Bejo.

L'ultime étape du battage consiste à repasser plusieurs fois l'andain dans la New Holland afin de récupérer les dernières graines. (© Aurélien Guillard)
Les graines récoltées sont petites et légères, les rendant beaucoup plus volatiles que des graines de colza. (© Aurélien Guillard)

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